Un scénario digne d’un film
Tout droit sorti de l’esprit de Paul Dini, scénariste de nombreux épisodes de la série animée de Batman (diffusée sur notre bonne chaîne FR3), ce dernier nous offre là une expérience prenante, qui nous plonge la tête la première dans les couloirs mal famés de l’Asile d’Arkham, ni plus ni moins le repère de tous les cinglés les plus dangereux de la ville de Gotham. Doté d’un scénario à faire pâlir plus d’un scénariste de film et d’un doublage français très convaincant (le doublage du Joker étant assuré par le doubleur de l’animé – Patrick Messe), Batman Arkham Asylum dispose de pas mal de bonnes cartes dans son jeu.
L’histoire prend place alors que notre justicier de l’ombre vient de mettre la main, apparemment facilement, sur le Joker lors d’un l’incendie en ville, ce qui n’est pas sans inquiéter notre vengeur masqué. A juste titre puisqu’après une visite rapide de l’entrée de l’Asile, le Joker joue un mauvais tour à ses gardes – fous et se retrouve aussitôt libre de tout mouvement…dans l’Asile de Fous ! C’est à ce moment précis que Batman entre dans le jeu : le piège machiavélique du Joker se refermant, la fête peut commencer !

Tu veux jouer BATOU !
Le jeu débute dans le bâtiment des soins intensifs et se poursuivra dans tous les bâtiments glauques de l’Asile : le pénitencier, les égouts, le manoir d’Arkham, le centre médical et les jardins botaniques, sans oublier un endroit secret. Votre but : arrêter le Joker avant qu’il ne déclenche des explosifs un peu partout dans Gotham. Rien que ça.
Pour couronner le tout, ce n’est pas le joueur qui décide de son avancement mais le Joker lui-même au travers d’un jeu de piste tout droit sorti de son esprit « désaxé ». Rassurez-vous : n’est pas Chevalier Noir qui veut (un petit clin d’œil à Batman the Dark Knight au passage). C’est, en effet, au moyen d’un arsenal évolutif de plus de huit gadgets de la maison Wayne Tech et sa super forme physique que notre chauve-souris pourra se mesurer aux différents malfrats enrôlés par notre ennemi déjanté.
Notre Chevalier Noir pourra ainsi utiliser le classique Batarang, une tyrolienne, en passant par un gel explosif pour se la jouer « façon Demolition Man » et tout plein d’autres armes qui trouveront rapidement leur utilité. Certaines seront d’ailleurs améliorables via un système de points d’expérience que vous engrangerez lors de combats ou en découvrant différentes énigmes disséminées ça et là.
L’Asile se dévoile comme un lieu ouvert où le joueur (en somme, vous) pourra « à sa guise » revisiter les différentes bâtisses d’Arkham déjà visitées. Ce qui saute aux yeux rapidement, c’est la richesse des mouvements de Batman, aussi habile de ces grosses minimes gantées lors d’affrontements bien bourrins (du bon beat’em all) qu’à l’infiltration. Car oui : Batman Arkahm Asylum, c’est également une bonne part d’infiltration « à la Splinter Cell » où notre héros devra se dissimuler le mieux possible pour stopper discrètement les grosses brutes du Joker. Allier à des combinaisons très simples à exécuter, on se prendra très rapidement à arpenter les couloirs d’Arkham telle une ombre, quitte à foutre la trouille (mention spéciale au mode détection qui, en plus d’identifier les opposants sous forme de jolis squelettes, vous permettra de voir l’état de ces derniers, totalement paniqués, quand vous décimez un à un leurs copains). Vous l’aurez compris, un bon joueur se devra tout comme notre justicier d’user de TOUS ses muscles pour avancer.

Abandonne toi à la folie Batman !
Que serait donc un bon épisode de Batman sans ses amis de longue date ? Et sur ce point, Rocksteady nous a bien gâté. Vous aurez ainsi la chance de croiser au détour d’une salle la déjantée Harley Quinn dans son bel habit d’infirmière, semble-t-il emprunté à la collection personnelle de Double-Face ; de perdre toute votre tête avec l’Epouvantail et sa came superpuissante (bad trip garanti !) ; ou de vous frotter à l’irrésistible reine des plantes Poison Ivy qui vous fera balancer aux ordures votre beau ficus de salon, définitivement !
Le jeu n’ayant pas non plus une durée de vie de cinquante heures, les autres personnages charismatiques de l’univers de Batman se retrouveront dans une section « Biographies » retraçant l’histoire de chacun, leurs aptitudes et…leur date d’apparition dans le comic de DC ! Un travail de fond soigné qui mérite d’être souligné pour peu que l’on soit un fan du justicier masqué depuis sa plus tendre enfance.

Gotham a besoin d’un héros : le Chevalier Noir
Batman Arkham Asylum est donc la belle surprise de cette rentrée. Outre un scénario jouissif qui vous pousse sans cesse à poursuivre l’aventure, les développeurs ont su brillamment montrer que le moteur Unreal Engine pouvait encore nous surprendre en bien et ça, on aime. La durée de vie est bien plus que respectable puisqu’une bonne dizaine d’heures ne seront pas de trop pour remettre un peu d’ordre à Arkham. A cela s’ajoute une section « Défis » vous permettant soit de vous défouler dans différentes arènes du jeu en mesurant votre score à la Terre entière, soit zigouiller de la brute épaisse en vous infiltrant tout en réalisant des finishs imposés.
La bande son a, pour sa part, été particulièrement soignée et cela s’entend. Certains d’entre vous reconnaitront sûrement l’ambiance sonore du très bon dernier long métrage Batman The Dark Knight qui dope cette sensation d’immersion que vous procure le jeu, à tel point que vous risquez d’être insociable durant quelques soirées (vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu).
On regrettera l’absence de certains protagonistes récurrents de l’entourage de notre héros mais qu’à cela ne tienne : au vue de l’excellent démarrage des ventes du titre, on ne peut qu’espérer que l’éditeur Eidos remettra le couvert très bientôt avec une suite dans la lignée de cet opus. Au Chevalier Noir qui sommeille en vous, ce jeu est fait pour vous.
Les + :
- Une bonne jouabilité
- Une durée de vie plus que généreuse pour un jeu d’action-aventure
- L’atmosphère sombre d’Arkham, aux portes de la folie
- Le Joker, ses répliques, son esprit déjanté
Les - :
- Sensation de linéarité
- La modélisation des personnages secondaires à revoir
- L’utilisation de mode détection intempestive par moment
- L’absence de grands ennemis du Batman









